Monsieur le Ministre,
Le plan d’urgence pour l ‘emploi a été décrété par Monsieur le Premier Ministre, Dominique de Villepin le 8 Juin dernier lors de son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale.
Je souhaite vous soumettre mon inquiétude et mes interrogations concernant le plan de cohésion sociale et plus particulièrement sur une de ces mesures : la modification du contrôle et de l’accompagnement des chômeurs.
Je suis en recherche d’emploi depuis 7 mois. J’ai rencontré un conseiller Anpe afin d’établir un Projet d’Action Personnalisé et je bénéficie d’une Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi versée par l’Assedic Languedoc Roussillon.
Tous les 6 mois, l’Assedic doit procéder à un examen de ma situation. Dans le cadre de ce contrôle et d’une éventuelle convocation, je suis susceptible de remettre les pièces justificatives de ma recherche d’emploi, ce qui est tout à fait normal sur le fond.
Mais sur la forme, je tiens à vous informer qu’à ce instant précis apparaît véritablement un problème récurrent.
En effet, parmis ces pièces justificatives se trouvent, entre autre, toutes mes démarches de candidatures spontanées en direction des entreprises. Je pense qu’il est primordial de savoir ou de rappeler que plus de 80% des sociétés contactées ne donnent aucune suite à ces candidatures ; bon nombre d’entres elles ne prennent effectivement pas la peine d’envoyer un courrier " type " avec une réponse négative. Cela devient hélas une pratique de plus en plus utilisée de nos jours.
Difficile alors pour ma part de prouver à l’Assedic avec le plus d’exactitude possible mes démarches vers toutes ces entreprises.
A titre d’exemple, j’ai contacté en 7 mois, 147 entreprises sur Nîmes et seulement 17% m’ont répondu, soit 25 d’entres elles...
Cela vous paraît-il normal ?
Cela vous semble t-il respectueux, Monsieur le Ministre. ?
Sachez qu’à présent, il faut presque relancer ces sociétés au téléphone pour essayer d’obtenir de leur part une réponse écrite négative...
Encore une fois sur la forme, je suis tout à fait d’accord concernant cette réforme du contrôle des chômeurs, elle empêchera certainement des abus de la part de certains " professionnels du chômage " qui perçoivent des allocations sans pour autant rechercher véritablement du travail.
Mais sur le fond, sachez que le " chômeur actif " me semble peu soutenu dans sa tâche par le biais de ces entreprises qui les ignorent " en ne jouant pas le jeu ".
Comment les inciter à répondre à ces candidatures spontanées et faire en sorte que le taux de réponse soit plus important ? Comment les responsabiliser ?
Doit-on établir une " liste noire " de ces entreprises en les diffusants dans la presse ?
Quelle est la part de responsabilité de chacun dans la lutte contre le chômage ?
La recherche d’emploi est un travail à temps plein, un travail sérieux qui demande un maximum de suivi et beaucoup de dynamisme.
Il y a certes des chômeurs qui abusent de la situation mais également des entreprises qui font très mal leur travail dans le cadre des ressources humaines. Remarquez, elles ne sont soumises à aucun contrôle à ce jour concernant le suivi des candidatures spontanées et leur réelle politique de recrutement. (cv anonyme, discriminations diverses sur la race, l’âge, etc...)
Faut-il mettre en place une Charte entre l’Etat, l’Anpe et les entreprises afin d’améliorer cette situation . ?
Enfin ces pratiques de " nons-réponses " se sont maintenant étendues au sein même de l’Anpe dans le cadre des parutions des offres d’emplois.
En effet, les envois de CV suite à une offre précise de poste dans une société restent souvent sans réponse et sans suivi.
Les conseillers de l’agence admettent cela avec un fatalisme déconcertant. Doit-on alors parler de la mission d’accompagnement du chômeur ?
Ne doit-on pour autant rien faire ?
L’attentisme ne me semble pas correspondre à une dynamique d’évolution incontournable, par rapport aux orientations fortes et novatrices que souhaite donner Monsieur le Premier Ministre à la politique de l’emploi en France. Dominique de Villepin dans diverses déclarations annonce :
" Il faut parvenir très vite à la création d’un véritable service public pour l’emploi avec des exigences de résultat. Chaque demandeur d’emploi doit pouvoir être pris en charge personnellement. " Encore une fois le décalage entre le discours politique et la réalité sur le terrain reste de mise.
" L’Anpe est le dernier endroit où l’on trouve un emploi " me disait une dame l’autre jour...
Monsieur le Ministre, comment comptez -vous transformer, réadapter une Agence Nationale pour l’Emploi qui manque d’une réelle efficacité dans bon nombre de domaines ?
Tout cela, je le sais, ne se fera pas en un jour, en 100 jours non plus d’ailleurs...il faut une véritable volonté politique et la mobilisation de tous les acteurs économiques de nos régions.
Monsieur le Ministre, je vous fais simplement part de ma réflexion et de ma colère sur cette situation de chômage toujours délicate à vivre dans un contexte économique difficile, un parcours qui paraît plus semé d’embûches que d’embauches et où chacun à sa part de responsabilités à assumer.
Confrontée à cette réalité depuis plusieurs mois, la noble idée de " cohésion sociale " ne m’est jamais apparue aussi abstraite...
J’espère, Monsieur le Ministre, que ce courrier parviendra jusqu'à vous et je vous remercie par avance pour votre attention.
Je vous souhaite bien entendu beaucoup de courage et d’énergie dans votre mission en espérant que cette rentrée 2005 sera clairement marquée sous le signe de l’emploi.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses salutations.
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